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BIOGRAPHIE
Charles-Henri Guelon
est aux commandes de ce jeune groupe de maloya traditionnel qu’il
a créé dans son quartier de Roches-Maigres à
Saint-Louis en 1998. Il faut souligner que Charles-Henri n’est
pas un nouveau venu dans le maloya traditionnel. Originaire du
quartier de la Ravine Blanche à Saint-Pierre, ce dernier
a appris les bases du maloya dès l’âge de 12
ans auprès de René-Paul Elleliara
le leader de Kisaladi, rebaptisé plus
tard Okilé. Pendant deux ans il travaille
sa voix et se perfectionne aux percussions et ensuite intègre
la formation. Il joue du roulèr, chante et danse. Il devient
un des piliers incontournable de ce groupe , participe aux festivals
de l’hexagone. En 1998, c’est l’expérience
Tempo Tiembo, la réunion de 150 percussionnistes
créé à l’occasion du 150ème
anniversaire de l’abolition de l’esclavage, action
menée par l’association départementale d’Insertion
le Comité Local d’Insertion et la dite association.
Il acquiert d’autres expériences, fait la connaissance
des pointures de la percussion réunionnaise et l’idée
de fonder son propre groupe germe dans son esprit. Ainsi naît
Ras Mélé, un groupe d’amis
issu de cette fameuse formation. Le groupe veut apporter ses note
dans le paysage musical et ainsi en 2002, un premier CD voit le
jour, « Met ansanm ». Pour des raisons
professionnelles certains membres quittent le groupe et une nouvelle
ossature prend forme. Un deuxième album
« Mangoustan », entièrement
dédié à la musique des anciens esclaves,
toujours sorti des studios Oasis de la Rivière Saint-Louis,
est sorti en décembre 2003.
« La force et la passion va au delà de tout obstacle
» dit Charles-Henri et c’est certain que Ras Mélé,
pour son premier grand spectacle en compagnie de son parrain musical
Firmin Viry le 13 décembre au théâtre
de Saint-Gilles « a mis le feu dans la baraque » et
a offert aux spectateurs présents une superbe prestation,
digne de ses aînés Danyel Waro, Le Rwa Kaf,
Granmoun Baba….
Mais pas question pour le groupe de reproduire un maloya conforme
à celui des anciens. Ras mélé a su créer
un style, un maloya bien à eux. Il se réjouit que
sa musique puisse générer le partage et l’échange
entre réunionnais. Les musiciens qui chantent à
plusieurs donnent une indéniable chaleur humaine à
leur création et ces chœurs, aux multiples résonances,
marquent l’illusion d’une inspiration gospel ou nous
plongent dans la transe des chants tribaux africains. Un vrai
régal pour les adeptes de sons vrais et purs. Les arrangements
aussi sont plus modernes, plus festifs. « les anciens se
sont battus pour que cette musique continue à vivre. Il
est important pour nous de prendre le relais. Le maloya c’est
vraiment une force. Et si on ne se bat pas pour transmettre cette
force, dans dix ans le maloya, notre patrimoine culturel sera
noyé ou inexistant parmi les musiques à consonance
étrangère. En chacun de nous cohabitent des cultures
différentes, nos racines sont multiples et le maloya est
notre dénominateur commun. »
Charles–Henri est un homme inspiré par sa vie, sa
culture et son pays et- qui aspire au partage de sa musique.
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